Ralentissement ou récession… où en est l’économie de l’Europe ?
Après la publication des statistiques officielles donnant à la zone euro la seconde place dans la récession économique mondiale, les dirigeants français s’évertuent à rassurer les consommateurs et les investisseurs, apparemment en vain. L’économie française a diminué de 0,3 % au cours du second trimestre 2008 et les prévisions de l’INSEE indiquent que le PIB devrait chuter de 0,1 % d’ici à la fin de l’année.
Les économistes définissent une récession comme deux trimestres successifs de croissance négative, mais la ministre des Finances, Christine Lagarde, refuse de parler de récession. Ni elle, ni Jean-Claude Trichet, président de la Banque Centrale Européenne, ne veulent admettre que ce ralentissement économique glisse dans la récession pour la première fois depuis 1993. Les experts de la Banque Centrale Européenne parlent de « ralentissement de croissance avec risques significatifs qu’elle puisse s’affaiblir encore plus ». Eric Woerth, ministre du budget, a quant à lui noté « qu’au regard de la situation de l’année 2008, l’économie devrait repartir » !!?? D’après lui, il y aurait « les statistiques d’un côté, la réalité de l’autre »…
De toute évidence, la presse et l’opposition ne partagent pas leur optimisme : Le Figaro et Libération déclarent dans un même élan que la France entame une descente dans la récession, et François Hollande, premier secrétaire du parti socialiste, saute sur l’occasion, une nouvelle fois, d’attaquer le président Nicolas Sarkozy. Il déclare dans Le Parisien : « Oui, la récession est bien là. Sa politique a échoué ! Cela veut dire que les décisions, en particulier fiscales, prises par Nicolas Sarkozy au lendemain de son élection présidentielle se sont révélées inappropriées, inefficaces et inéquitables et n’ont fait qu’amplifier le bouleversement de la situation économique internationale ». Au mois d’août 2008, plus de 40 000 personnes sont venues augmenter le nombre de chômeurs en France, c’est le plus grand pic, rien que sur un mois, en 15 ans, et l’INSEE prévoit une augmentation du taux de chômage de plus de 7 % sur le dernier trimestre en cours.
Les économies mondiales se sont trouvées brutalement affectées par la flambée des prix de l’énergie ainsi que par la catastrophe financière qui a éclaté lorsque les banques américaines et britanniques se sont trouvées exposées à des milliards de dollars de dettes. La Commission européenne laisse entendre que d’autres pays du G8 comme l’Allemagne et la Grande-Bretagne mais aussi l’Espagne seraient également touchés par la récession en 2008, portant l’augmentation du taux de chômage et de sociétés en faillite à l’ensemble du continent. La ministre de l’économie, Christine Lagarde, estime « qu’à ce stade de la situation, il serait dangereux de spéculer plus avant sur les effets de l’exceptionnelle augmentation du prix du pétrole, de la valeur de l’euro au cours du premier trimestre et de l’aggravation de la crise financière. L’urgence aujourd’hui est de rétablir la confiance entre les différents marchés financiers, afin que ce climat économique difficile demeure temporaire. Et poursuivre, dans le même temps, les réformes structurelles permettront à l’économie française de bénéficier d’une croissance durable à moyen terme. »
Le secteur financier européen a été durement touché par les retombées de la crise de Wall Street, et la France, la Grande-Bretagne, l’Allemagne et les trois pays du Benelux ont dû s’organiser pour renflouer et sauver leurs banques. Le rejet du plan Paulson, lundi dernier, a jeté un froid parmi les différents dirigeants concernés, qui avaient placé leurs espoirs dans ce plan de sauvetage de 700 milliards de dollars. Néanmoins, ce refus tombe en pleine campagne présidentielle américaine, obligeant les deux candidats Obama et McCain à prendre position, en demandant aux membres du Congrès de trouver un accord.
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